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En normandie le lin se porte bien

En Normandie le Lin, se porte bien

Au printemps, sa petite fleur bleue/violette colore joliment les champs de Normandie. Le lin est un végétal aux multiples vertus incitant les entreprises normandes à se développer et à innover pour répondre à une demande croissante.

Fleurs de lin d’hiver– Éraines © Jocelin Lecointe Photographies

Le lin est notamment utilisé pour la farine, l’huile et les compléments alimentaires, mais aussi en tourteaux pour l’alimentation du bétail et pour la fibre. En Normandie, il est essentiellement cultivé pour cette fibre, destinée à l’industrie textile.

LE LIN, « L’OR VERT » DE NORMANDIE

Champs de lin d’hiver– Éraines © Jocelin Lecointe Photographies

La Normandie, qui concentre 63% des liniculteurs français, est de loin la première région productrice de lin textile au monde – 50% du lin textile mondial. Encré dans le paysage, le lin fibre – ou lin textile – est principalement cultivé en Seine-Maritime, dans l’Eure ainsi que dans le Calvados, sur une superficie totale de 60.000 hectares. Considéré comme « l’or vert » de Normandie, le lin textile de cette région doit sa très bonne qualité à un climat océanique tempéré, une terre riche et profonde ainsi qu’un savoir-faire local des liniculteurs et des teilleurs – pour l’extraction de la fibre.

Procédé de teillage – Seine-Maritime © Florence Letellier

Preuve d’une demande qui ne cesse de croître, au début de l’année 2020 deux entreprises de teillage de lin normandes, la Coopérative de Teillage de Lin du Neubourg – Eure – et le groupe Depestele – Seine-Maritime, ont investi dans de nouvelles unités d’extraction de fibres. L’augmentation de leurs capacités de production permettra ainsi de répondre à une demande croissante des filateurs chinois, indiens et européens.

UNE FIBRE AUX MULTIPLES VERTUS

L’industrie du textile est l’une des plus polluantes de la planète. A contrario, la culture du lin, non délocalisable, écoresponsable avec zéro déchet, présente des atouts indéniables d’un point de vue environnemental. Ne nécessitant aucune irrigation, aucun défoliant – produit chimique provoquant la chute des feuilles – et quasiment aucun intrant – produits fertilisants et phytosanitaires, ses avantages écologiques en font une alternative crédible au coton, par exemple.

Florence Letellier, créatrice de la marque Mont chat Michel © Florence Letellier

Florence Letellier, une jeune entrepreneure installée à Pontorson – dans la Manche, a décidé de tirer profit des multiples vertus qu’offre cette fibre. Lancée le 18 mars 2020, Mont chat Michel est une marque de bodys – de 3 à 24 mois, 100% lin et fabriqués en France. « Antibactérien, hypoallergénique et thermorégulateur, le lin présente des qualités certaines pour les tout-petits », souligne Florence Letellier.

Body Petit filou – manches longues – Mont chat Michel © Florence Letellier

De la même manière, la Société Coopérative d’Intérêt Collectif LINportant installée à Évrecy – dans le Calvados – projette de produire 100.000 tee-shirts en lin biologique chaque année. Et, dans ce contexte si particulier, plusieurs entreprises comme LINportant participent à l’effort collectif en produisant des masques en lin. Autant d’initiatives qui promettent, malgré la crise sanitaire actuelle, un avenir radieux à la filière lin textile normande.

En Normandie, la filière du lin se porte bien économiquement et les vertus de sa fibre en font des vêtements se portant à toutes saisons et dans l’ère du temps. De la crise sanitaire liée au COVID-19 émerge la volonté de reconquérir notre souveraineté économique. Or, produire en France coûte plus cher et certains savoir-faire comme la filature de lin, ont définitivement quitté le territoire national pour la Chine, notamment. Dorénavant, les consommateurs seront-ils prêt à payer plus cher des produits de qualité 100% made in France? Après l’épidémie, des politiques incitatives permettant de produire et consommer local verront-elles le jour? Autant de questions en suspens qui détermineront nos modes de consommation futurs.

https://youtu.be/Yjztw93KANQ

Quand des Normands se lancent le défi de relocaliser le lin bio !

 

Paul Boyer, directeur général de LINportant, et Morgane Ermeneux, responsable commerciale et marketing. ©LINportant

28/04/2020

Près de Caen, une nouvelle coopérative est bien décidée à réinventer l’industrie du textile en lançant la première usine de fabrication industrielle de tee-shirts en lin bio et local.

C’est à Évrecy, en Normandie, que l’usine de la coopérative de fabrication locale de tee-shirts en lin baptisée “LINportant” devrait s’implanter dans les prochains mois. Une équipe y travaille plus globalement à la mise en place d’un un outil industriel visant à relocaliser la filière du lin bio dans la région.

“Je travaille dans la mode éthique depuis longtemps : quand j’ai déménagé en Normandie, j’ai découvert la culture agricole du lin et je suis tombé encore plus amoureux de cette matière que je ne l’étais, raconte Paul Boyer, directeur général de LINportant. J’ai rejoint l’association ‘Lin et Chanvre bio’, qui souhaitait alors constituer une filière pour que les agriculteurs qui faisaient traditionnellement du lin dans leur exploitation et souhaitaient se tourner vers l’agriculture bio puissent trouver un débouché pour le lin certifié bio. Progressivement, j’ai pris conscience de l’absurdité de la situation où un agriculteur normand produit du lin mais n’a aucune visibilité sur sa destination. En fait, son lin part à 90 % en Asie. Le fait qu’il n’y ait plus de transformation locale était de plus en plus choquant.”

L’association ‘Lin et Chanvre bio’ a, dans ce contexte, créé un lieu où peuvent se rencontrer tous les acteurs de l’amont jusqu’à l’aval. “C’est extraordinaire de pouvoir donner du sens à un vêtement en maîtrisant toute la filière, précise Paul Boyer. Mais dans cette filière, nous avions un trou sur la transformation industrielle. Vu que la demande pour le bio et le local se rejoint au moins en termes de population concernée, c’était intéressant de construire quelque chose autour de cela. En tricotage, ça manquait d’acteurs : après une étude de faisabilité, j’ai décidé de lancer LINportant pour faire non pas une marque, mais un fabricant qui puisse, avec des tee-shirts, représenter rapidement des volumes significatifs. Cela permet de constituer une brique pour la filière.”

C’est un projet pour que des grandes marques puissent avoir une fabrication bio, locale, à un prix qui rentre dans leur modèle économique.

Revaloriser la filière

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif LINportant s’est ainsi formée avec un peu plus de soixante coopérateurs représentant tous les acteurs du milieu. Le but étant de créer un outil au service de la filière du lin et du lin bio plus significativement, “pour la renforcer, pour lui donner des débouchés locaux, pérennes et transparents”. “C’est un projet pour que des grandes marques puissent avoir une fabrication bio, locale, à un prix qui rentre dans leur modèle économique”, précise le directeur général.

Derrière cette initiative, l’équipe de LINportant souhaite par ailleurs éveiller les consciences dans l’industrie de la mode, un secteur très polluant : le lin est un basique indispensable, souple, pratique et confortable, sain pour la peau et l’environnement. “C’est une matière naturelle que la nature est capable de recycler et c’est la seule fibre locale en France, disponible en quantité industrielle : on a 100 000 tonnes de lin chaque année issues des champs de France, fait remarquer Paul Boyer. Le lin est une culture très sensible qui nécessite un sol très profond et d’une très bonne qualité de terre, et aussi un climat très tempéré. C’est pour cela que la Normandie est le meilleur endroit au monde pour faire du lin, ajoute-t-il. Sur ces très bonnes terres, l’agriculture bio a du retard.” La coopérative compte ainsi non seulement contribuer à relocaliser la filière de transformation du lin, mais également encourager la conversion à l’agriculture bio dans la région.

Plus on est nombreux à participer à cette campagne et à soutenir la création de ce projet, plus on envoie un signal très fort aux financeurs qui vont voir qu’il y a un marché, mais aussi aux marques, qui constatent également la demande des clients, et aux acteurs de la filière !

Dernière ligne droite pour soutenir le projet

Pour financer ce projet, l’équipe de LINportant a lancé une campagne sur Ulule, à laquelle il est possible de contribuer à partir de 35 €, jusqu’au 7 mai. Actuellement, 3000 préventes ont déjà été recensées sur un objectif de 100. Mais 8000 contributions supplémentaires sont nécessaires (en contrepartie d’un certain nombre de tee-shirts, selon le montant) afin de pouvoir ouvrir la totalité de la manufacture et de permettre à l’équipe d’être autonome. “Plus on est nombreux à participer à cette campagne et à soutenir la création de ce projet, plus on envoie un signal très fort aux financeurs qui vont voir qu’il y a un marché, mais aussi aux marques, qui constatent également la demande des clients, et aux acteurs de la filière !”, remarque Paul Boyer.

Le projet est aujourd’hui pensé pour une capacité de 100 000 tee-shirts par an, soit 20 tonnes de lin et une douzaine d’emplois.

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              ©campagne Ulule LINportant

LINportant veut construire l’industrie du lin de demain

La Normandie, leader de la production de lin textile mondial, produit 80 % du lin textile européen et 50 % du lin mondial. — Photo : © LINportant


À l’heure où on parle de relocaliser les industries textiles en France, une nouvelle start-up, LINportant, se positionne sur ce créneau porteur et ambitionne de créer une usine de fabrication industrielle de T-shirt en lin bio, à Evrecy, à quelques kilomètres de Caen. Avec une priorité : consacrer sa première chaîne de production à la confection de masques en lin lavables et participer ainsi au mouvement d’entraide de la filière textile.

Créée sous forme de société coopérative, LINportant a lancé, le 23 mars dernier, une campagne de financement participatif sur le site Ulule afin de réunir des fonds et de lancer le démarrage de l’usine aussi vite que possible. Plus de 3 000 pré-ventes ont déjà été enregistrées via le crowfunding. « Cela va nous permettre d’acheter des machines industrielles, de lancer la production, et d’embaucher d’ores et déjà trois couturières », explique Morgane Ermeneux, responsable commerciale et marketing, à l’origine du projet avec Paul Boyer, directeur général de la société. L’investissement initial de 270 000 euros sera complété, au fur et à mesure, jusqu’à 420 000 euros. « Le plan de financement, en plus du crowfunding et des fonds propres, prévoit le recours à des émissions de titres participatifs, des prêts institutionnels et bancaires et des subventions. Notre besoin total de financement pour les trois premières années est de l’ordre de 1 million d’euros », confirme Morgane Ermeneux.

Création de 12 emplois

La start-up s’appuie sur un collectif très large associant tous les types d’acteurs du territoire et de la filière, depuis l’agriculture jusqu’à la distribution de mode en passant par les industriels, et la société civile. Avec un impératif : privilégier le circuit court de proximité et les emplois locaux. « Notre objectif est de relocaliser, en Normandie, une usine de production industrielle de textile en lin biologique qui fera appel à une technique de tricotage à façon sur métier circulaire et labellisée. À terme, l’usine pourra employer une douzaine de personnes », confirme Morgane Ermeneux. Les T-shirts fabriqués par LINportant seront distribués soit via un modèle à façon (cahier des charges fourni par la marque elle-même), soit en marque blanche. L’usine proposera un showroom, ouvert au public, dédié au lin et aux techniques de filature.

La Normandie, leader de la production de lin textile mondial, produit 80 % du lin textile européen et 50 % du lin mondial, transformé pour l’essentiel en Asie. L’implantation d’une usine de production de textile en lin, localisée sur le territoire normand, annonce peut-être le début d’un mouvement inverse…

Retour vers le futur du lin

 

Mondialisation oblige, la majorité du lin cultivé sous nos latitudes part se faire filer en Chine pour nous revenir sous forme de chemises et de pantalons. Mais une nouvelle génération d’entreprises, se revendiquant d’une mode éthique, nage contre le courant. Dans le lot, une jeune société coopérative du nom de LINportant. À la manœuvre, un groupe de convaincus emmené par un ingénieur des mines toulousain tombé amoureux du bocage normand… et de la plante à fleur bleue. Paul Boyer est aussi l’un des fondateurs de l’association Lin et Chanvre bio.

Avec la complicité de teilleurs et de liniculteurs, l’intéressé se fait fort d’installer à Evrecy, dans la banlieue caennaise, la première usine française de fabrication industrielle de tee-shirts en lin biologique. Le tout à partir d’une fibre cultivée à quelques kilomètres à la ronde.

Nota : Seule entorse au parti-pris du 100 % local, le filage qui sera réalisé, pour l’instant, dans l’usine polonaise du groupe nordiste Safilin faute d’installations ad hoc sur le territoire français. En attendant peut-être la relocalisation d’une filature au pied des champs ? Il est permis de rêver.

Le pari de la relocalisation

Le projet résonne avec l’actualité, souligne sa porte-parole, Morgane Ermeneux, ancienne cadre de Décathlon. « La transformation de l’industrie textile passera par la relocalisation de la production. Nous prenons le pari que les consommateurs adhéreront de plus en plus à ces préceptes à plus forte raison après la crise du Covid ».

Le joli succès de la campagne de financement lancé par la SCIC* sur la plateforme Ulule semble lui donner raison avec pas loin d’un millier de préventes. Elle sera complétée par l’émission de titres participatifs et sans doute quelques aides publiques en cours d’instruction. Montant recherché : environ 300 000 euros. Une fois les fonds réunis, la fabrique devrait être en capacité de produire entre 100 000 et 400 000 pièces par an en usant d’un procédé de tricotage industriel à façon «garant de la souplesse du tissu». À la clef, la création d’une douzaine d’emplois. Séduisant.

Nota : LINportant espère se lancer dans les prochaines semaines avec la fabrication de masques en lin. Là aussi, c’est dans l’air du temps.

*Société coopérative d’intérêt collectif