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Des T-shirts en lin bio « Made in Normandie » dans nos armoires ?

L’Association LINportant s’est fixé plusieurs objectifs. Parmi eux, la promotion de la culture du lin bio, la relocalisation en France de la production de tissus en lin ainsi que la fabrication de vêtements. Le tout, issu d’une fibre végétale cultivée en Normandie… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les consommateurs sont impatients !

Depuis plusieurs années, Paul Boyer milite pour la conversion au lin bio en Normandie. « Sa part n’est aujourd’hui que de 0,2% quand elle est de 10 % pour les autres cultures ». Fondateur dès 2003 d’une des premières marques françaises de mode bio, il est aujourd’hui directeur de l’association LINportant. Une association normande qui, après 2 années de travaux pour mettre sur pied une coopérative textile bio, est en passe de voir ses rêves devenir réalité.

« Nous venons tout juste de boucler une campagne participative de prévente de T-shirts en lin bio qui a dépassé de beaucoup nos espérances et qui démontre à quel point il y a une attente des consommateurs », explique Paul Boyer. En l’espace de quelques jours, la campagne lancée sur la plateforme spécialisée Ulule a en effet enregistré plus de 8 000 préventes quand l’objectif était d’atteindre les 1 500… « Surtout, cela a démontré, alors que nous étions au tout début du confinement, que c’était un projet qui faisait sens en parlant de relocalisation », souligne Paul Boyer.

Outre le fait de disposer rapidement d’une trésorerie, cette expérience a non seulement permis de prouver à l’ensemble des financeurs la viabilité économique du projet, mais aussi aux marques et donneurs d’ordres qu’il y a bien une demande. « Grâce à cette campagne, les grandes marques nationales qui se posent beaucoup de questions en ce moment, ont pu mesurer que les consommateurs sont en attente d’un produit qui fasse du sens, qui soit plus écologique, plus local et responsable… ».

Aujourd’hui, si l’atelier n’existe pas encore, l’association a tout de même démarré une activité en sous-traitance, implantée en France. « L’atelier doit voir le jour prochainement, entre cet été et l’automne, mais il nous faut pour cela boucler le financement. La prochaine étape, c’est la mise en place d’une campagne de titres participatifs, beaucoup utilisée pour les structures coopératives comme les nôtres avec un produit de type obligataire à 7 ans avec un rendement financier tout à fait correct, destiné à une population qui a l’habitude des produits financiers, afin de compléter notre financement », détaille le porteur du projet qui bénéficie également d’un accompagnement de l’Agence de l’Eau, au titre de la conversion au bio et de la préservation des ressources en eau.

LINportant qui fait par ailleurs partie des trois lauréats « Act for impact » de BNP Paribas, dans le cadre de son projet de re-localisation de la manufacture.

Du lin bio made-in Normandie

https://campagnesetenvironnement.fr/du-lin-bio-made-in-normandie/

 

L’IMPACT NÉGATIF DE L’INDUSTRIE DE LA MODE SUR L’ENVIRONNEMENT EST DÉSORMAIS BIEN CONNU. EN NORMANDIE, OÙ 50 % DU LIN MONDIAL EST PRODUIT, UNE SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE D’INTÉRÊT COLLECTIF, LINPORTANT, A POUR OBJECTIF DE CRÉER LA PREMIÈRE UNITÉ INDUSTRIELLE DE FABRICATION DE TEE-SHIRT À PARTIR DE LIN BIOLOGIQUE. LA CAMPAGNE DE FINANCEMENT PARTICIPATIVE DU PROJET A DÉJÀ ENREGISTRÉ PLUS DE 8000 PRÉVENTES.

Le lin est l’unique fibre textile d’origine végétale originaire d’Europe. En la matière, la France est bien placée. En effet, la Normandie produit 80 % du lin européen et 50 % du lin mondial. Celui-ci est beaucoup utilisé dans l’industrie textile, néanmoins dans des productions éthiques pour réduire l’impact du secteur sur l’environnement. Pour rendre davantage accessibles ces productions, la Société coopérative d’intérêt collectif, LINportant, a décidé de créer une première usine de fabrication industrielle de tee-shirts en lin bio située en Normandie, à Evrecy. A travers ce projet, l’objectif est également de construire une filière locale de lin biologique, en accompagnant les producteurs de la région vers la conversion en agriculture biologique.

SUCCÈS DE LA CAMPAGNE DE FINANCEMENT PARTICIPATIF

Pour lancer ce projet, LINportant a lancé une campagne de financement participatif. Et autant dire que le succès a été au rendez-vous. L’initiative est en effet le deuxième projet « mode » le plus financé de la plateforme Ulule, avec plus de 8000 préventes enregistrées, pour un objectif initial de 100. Grâce à ce financement, 12 emplois pourront notamment être créés. L’ambition de la société coopérative est désormais de produire 100 000 tee-shirts par an, soit 20 tonnes de lin. 30 hectares sont ainsi mobilisés chaque année, en rotation tous les sept ans sur environ 200 hectares conduits en agriculture bio et produisant également des céréales (blé bio), des légumes de plein champ ou des fourrages. Les premiers tee-shirts devraient être livrés d’ici à la fin du mois de juin. De nombreux acteurs sont regroupés autour de ce projet de construction d’une filière lin biologique : agriculteurs, Teilleurs, Filateurs, Association Lin et Chanvre bio, CELC (Confédération Européenne du Lin et du Chanvre), marques…

Calvados : LINportant veut créer une filière de production textile en lin bio 100% normande

A Evrecy, dans le Calvados, LINportant attend ses machines pour lancer la fabrication de sa première ligne de tee-shirt en lin bio 100% normand. Il  manque encore quelques aides financières pour boucler l’opération. Alors partenaires privés ou publics, A votre bon coeur! 

 

Le challenge est double : d’abord,  il s’agit de créer de toute pièce une industrie du t-shirt bio dans un village au sud de Caen, à Evrecy.
Ces t-shirts ont la particularité d’être fabriqués à partir de fibre de lin – dont la Normandie est la principale région productrice en France.

les locaux de l’atelier sont situés dans l’ancienne quincaillerie du village

Et deuxièmement, le lancement a lieu sous un climat quelque peu … glacial. Si la température de l’air est douce, celle des investissements économiques est passée sous 0, et les financements sont en suspens.

A la barre de ce projet d’usine textile locale : Paul Boyer et Morgane Ermeneux, qui sont respectivement le directeur et la responsable marketing de LINportant.

L’urgence :  financer les machines

« On a déjà trouvé les machines spécifiques comme la table de découpe et la machine à tricoter par exemple. Mais les financeurs sont frileux. On attend un soutien de la Région et de réseaux comme France Active, qui pourrait amener 150 000 euros… Mais tant que personne ne fait le premier pas, les autres ne se lancent pas ! » regrette Morgane Ermeneux.

La future machine à tricoter le lin donne une maille qui se froisse peu / © LINportant

Alors pour ne pas rester inactifs, ils ont décidé de lancer une production en sous-traitance auprès d’usines partenaires à Troyes notamment et à  Rouen.
« Mais cette solution de secours n’est pas rentable. Ce que l’on souhaite, c’est lancer notre propre production dans nos locaux, à Evrecy, le plus rapidement possible » insiste Morgane.

Du champ au vêtement en direct

D’où leur est venue cette idée de relocaliser dans le Calvados une industrie textile?


l’équipe de LINportant / © LINportant

 

Paul Boyer s’explique : « je suis tombé amoureux de la Normandie et de ses champs de lin aux fleurs bleues en 2009. Et comme je travaille dans le secteur de la mode éthique depuis 20 ans, je suis déjà en contact avec des acteurs de la filière. J’ai envie de valoriser la production de cette fibre 100% naturelle. »

Cette envie prend une forme concrète quatre années plus tard, quand une association Lin et chanvre bio est créée en Normandie.

« A cette occasion, une jeune créatrice parisienne de vêtements s’est retrouvée dans un champ de lin bio, à discuter désherbage mécanique avec l’agriculteur. »
L’anecdote de ce tête-à-tête dans un champ vaut moins par son charme champêtre que par sa rareté dans un secteur textile d’habitude complexe et mondialisé.

“On a réussi à établir un circuit court du textile, qui colle très bien à l’esprit du bio ” Paul Boyer

Des peigneurs aux filateurs en passant par les tisseurs, toute une filière bio a ainsi été montée.

Reportage de S. Lemaire, B.Goulet avec la participation de Paul Boyer, directeur de Linportant; Morgane Ermeneux, directrice marketing LINportant;  et Méline Schmit, agricultrice en conversion bio

Concrètement, la majeure partie de la matière première proviendra des Hauts de France (3,5 tonnes pour commencer), mais l’un des buts poursuivis est d’encourager la conversion au bio des producteurs normands, encore majoritairement en agriculture conventionnelle.

Paul Boyer a conscience que « pour inciter les producteurs liniers normands à prendre le risque d’une transition alors que la filière conventionnelle marche bien, il faudra qu’on leur montre que les débouchés sont bien présents. »

Mais avant cette étape, les fondateurs de la coopérative tiennent compte du contexte.

Ils ont acheté trois machines et font travaillé trois couturières depuis le 4 mai pour coudre des masques. Morgane Ermeneux espère que 2 500 masques par semaine pourront sortir de l’atelier de confection. “C’est notre manière de participer à l’effort collectif en attendant nos machines et des partenaires finançiers complémentaires”.

La Normandie, leader mondial de production de lin, cherche maintenant des débouchés locaux

 

Jeudi dernier, Joris Soenen, liniculteur bio (une vingtaine en Haute-Normandie) au Bec-Thomas, portant chemise en lin et jean « 1083 », dans son champ de lin bio piqué de coquelicots, une dizaine d’hectares « sans azote, régulateurs, fongicides ou herbicides » (photo Boris Maslard – Paris Normandie).

En normandie le lin se porte bien

En Normandie le Lin, se porte bien

Au printemps, sa petite fleur bleue/violette colore joliment les champs de Normandie. Le lin est un végétal aux multiples vertus incitant les entreprises normandes à se développer et à innover pour répondre à une demande croissante.

Fleurs de lin d’hiver– Éraines © Jocelin Lecointe Photographies

Le lin est notamment utilisé pour la farine, l’huile et les compléments alimentaires, mais aussi en tourteaux pour l’alimentation du bétail et pour la fibre. En Normandie, il est essentiellement cultivé pour cette fibre, destinée à l’industrie textile.

LE LIN, « L’OR VERT » DE NORMANDIE

Champs de lin d’hiver– Éraines © Jocelin Lecointe Photographies

La Normandie, qui concentre 63% des liniculteurs français, est de loin la première région productrice de lin textile au monde – 50% du lin textile mondial. Encré dans le paysage, le lin fibre – ou lin textile – est principalement cultivé en Seine-Maritime, dans l’Eure ainsi que dans le Calvados, sur une superficie totale de 60.000 hectares. Considéré comme « l’or vert » de Normandie, le lin textile de cette région doit sa très bonne qualité à un climat océanique tempéré, une terre riche et profonde ainsi qu’un savoir-faire local des liniculteurs et des teilleurs – pour l’extraction de la fibre.

Procédé de teillage – Seine-Maritime © Florence Letellier

Preuve d’une demande qui ne cesse de croître, au début de l’année 2020 deux entreprises de teillage de lin normandes, la Coopérative de Teillage de Lin du Neubourg – Eure – et le groupe Depestele – Seine-Maritime, ont investi dans de nouvelles unités d’extraction de fibres. L’augmentation de leurs capacités de production permettra ainsi de répondre à une demande croissante des filateurs chinois, indiens et européens.

UNE FIBRE AUX MULTIPLES VERTUS

L’industrie du textile est l’une des plus polluantes de la planète. A contrario, la culture du lin, non délocalisable, écoresponsable avec zéro déchet, présente des atouts indéniables d’un point de vue environnemental. Ne nécessitant aucune irrigation, aucun défoliant – produit chimique provoquant la chute des feuilles – et quasiment aucun intrant – produits fertilisants et phytosanitaires, ses avantages écologiques en font une alternative crédible au coton, par exemple.

Florence Letellier, créatrice de la marque Mont chat Michel © Florence Letellier

Florence Letellier, une jeune entrepreneure installée à Pontorson – dans la Manche, a décidé de tirer profit des multiples vertus qu’offre cette fibre. Lancée le 18 mars 2020, Mont chat Michel est une marque de bodys – de 3 à 24 mois, 100% lin et fabriqués en France. « Antibactérien, hypoallergénique et thermorégulateur, le lin présente des qualités certaines pour les tout-petits », souligne Florence Letellier.

Body Petit filou – manches longues – Mont chat Michel © Florence Letellier

De la même manière, la Société Coopérative d’Intérêt Collectif LINportant installée à Évrecy – dans le Calvados – projette de produire 100.000 tee-shirts en lin biologique chaque année. Et, dans ce contexte si particulier, plusieurs entreprises comme LINportant participent à l’effort collectif en produisant des masques en lin. Autant d’initiatives qui promettent, malgré la crise sanitaire actuelle, un avenir radieux à la filière lin textile normande.

En Normandie, la filière du lin se porte bien économiquement et les vertus de sa fibre en font des vêtements se portant à toutes saisons et dans l’ère du temps. De la crise sanitaire liée au COVID-19 émerge la volonté de reconquérir notre souveraineté économique. Or, produire en France coûte plus cher et certains savoir-faire comme la filature de lin, ont définitivement quitté le territoire national pour la Chine, notamment. Dorénavant, les consommateurs seront-ils prêt à payer plus cher des produits de qualité 100% made in France? Après l’épidémie, des politiques incitatives permettant de produire et consommer local verront-elles le jour? Autant de questions en suspens qui détermineront nos modes de consommation futurs.

https://youtu.be/Yjztw93KANQ