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3 juin 2020 Abderrahmane ba

Calvados : LINportant veut créer une filière de production textile en lin bio 100% normande

Par Stéphanie Lemaire sur France 3 Normandie

A Evrecy, dans le Calvados, LINportant attend ses machines pour lancer la fabrication de sa première ligne de tee-shirt en lin bio 100% normand. Il  manque encore quelques aides financières pour boucler l’opération. Alors partenaires privés ou publics, A votre bon coeur! 

 

Le challenge est double : d’abord,  il s’agit de créer de toute pièce une industrie du t-shirt bio dans un village au sud de Caen, à Evrecy.
Ces t-shirts ont la particularité d’être fabriqués à partir de fibre de lin – dont la Normandie est la principale région productrice en France.

les locaux de l’atelier sont situés dans l’ancienne quincaillerie du village

Et deuxièmement, le lancement a lieu sous un climat quelque peu … glacial. Si la température de l’air est douce, celle des investissements économiques est passée sous 0, et les financements sont en suspens.

A la barre de ce projet d’usine textile locale : Paul Boyer et Morgane Ermeneux, qui sont respectivement le directeur et la responsable marketing de LINportant.

L’urgence :  financer les machines

« On a déjà trouvé les machines spécifiques comme la table de découpe et la machine à tricoter par exemple. Mais les financeurs sont frileux. On attend un soutien de la Région et de réseaux comme France Active, qui pourrait amener 150 000 euros… Mais tant que personne ne fait le premier pas, les autres ne se lancent pas ! » regrette Morgane Ermeneux.

La future machine à tricoter le lin donne une maille qui se froisse peu / © LINportant

Alors pour ne pas rester inactifs, ils ont décidé de lancer une production en sous-traitance auprès d’usines partenaires à Troyes notamment et à  Rouen.
« Mais cette solution de secours n’est pas rentable. Ce que l’on souhaite, c’est lancer notre propre production dans nos locaux, à Evrecy, le plus rapidement possible » insiste Morgane.

Du champ au vêtement en direct

D’où leur est venue cette idée de relocaliser dans le Calvados une industrie textile?


l’équipe de LINportant / © LINportant

 

Paul Boyer s’explique : « je suis tombé amoureux de la Normandie et de ses champs de lin aux fleurs bleues en 2009. Et comme je travaille dans le secteur de la mode éthique depuis 20 ans, je suis déjà en contact avec des acteurs de la filière. J’ai envie de valoriser la production de cette fibre 100% naturelle. »

Cette envie prend une forme concrète quatre années plus tard, quand une association Lin et chanvre bio est créée en Normandie.

« A cette occasion, une jeune créatrice parisienne de vêtements s’est retrouvée dans un champ de lin bio, à discuter désherbage mécanique avec l’agriculteur. »
L’anecdote de ce tête-à-tête dans un champ vaut moins par son charme champêtre que par sa rareté dans un secteur textile d’habitude complexe et mondialisé.

“On a réussi à établir un circuit court du textile, qui colle très bien à l’esprit du bio ” Paul Boyer

Des peigneurs aux filateurs en passant par les tisseurs, toute une filière bio a ainsi été montée.

Reportage de S. Lemaire, B.Goulet avec la participation de Paul Boyer, directeur de Linportant; Morgane Ermeneux, directrice marketing LINportant;  et Méline Schmit, agricultrice en conversion bio

Concrètement, la majeure partie de la matière première proviendra des Hauts de France (3,5 tonnes pour commencer), mais l’un des buts poursuivis est d’encourager la conversion au bio des producteurs normands, encore majoritairement en agriculture conventionnelle.

Paul Boyer a conscience que « pour inciter les producteurs liniers normands à prendre le risque d’une transition alors que la filière conventionnelle marche bien, il faudra qu’on leur montre que les débouchés sont bien présents. »

Mais avant cette étape, les fondateurs de la coopérative tiennent compte du contexte.

Ils ont acheté trois machines et font travaillé trois couturières depuis le 4 mai pour coudre des masques. Morgane Ermeneux espère que 2 500 masques par semaine pourront sortir de l’atelier de confection. “C’est notre manière de participer à l’effort collectif en attendant nos machines et des partenaires finançiers complémentaires”.

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